Les Plumes asthmatiques (quel beau nom...) m'ont invitée à écrire un article sur leur blog, suivez le lien si vous osez !
3D VS 2D
Et maintenant sur le tout nouveau blog des Plumes asthmatiques (que je vous invite largement à découvrir ! ) : 3D VS 2D
En bonus : Swing Little girl
mercredi 13 juillet 2011
vendredi 24 juin 2011
Brothers & Sisters : Every teardrop is a waterfall
Je m'intéresserai principalement à la quatrième saison.
(article empli de spoilers pour ceux qui ne l'ont pas vue ! )
Après ma première chronique sur la série ici, je m'attaque à la quatrième saison, probablement la plus poignante. La palette des thèmes abordés est étonnante : le coming-out avec Kevin qui découvre à 14 ans son homosexualité, le cancer avec Kitty, la fausse couche avec Rebecca, très bien gérée, la vieillesse (Alzheimer) avec la mère de Norah, les grossesses après 40 ans suggérées un épisode avec Sarah, la crise identitaire de la quarantaine avec Kevin et Robert qui se cherchent professionnellement, le SIDA avec Saul...
Mais commençons par parler de Robert que j'avais mis de côté la dernière fois, cette fois, cela s'impose.... Il est lié à Kitty par sa passion pour la politique, son ambition, son caractère fougueux, c'est pourquoi leur relation dans un premier temps de l'ordre du coup de foudre devait s'égarer dans le conflit pour mieux renaître. La maladie de Kitty en sera l'élément déclencheur et laissera apparaître un personnage plus drôle et serein, il se rapprochera de Norah avec qui il partageait une relation complexe. En effet cet électron libre ne correspond pas à sa vision de la famille, il rappelle le passé de Kitty à New York, lorsqu'elle avait pris ses distances, comme le fera Tommy bien plus tard. Il semble qu'il faille toujours un outsider, un frère ou une sœur qui prenne du recul et puisse en revenant apporter un regard nouveau sur la famille Walker (je pense déjà à Justin lors de la saison 5 mais c'est une autre histoire...)
Kitty...est-il vraiment nécessaire de parler de son cancer ? Les objets dramatiques sont décidément très nombreux dans cette saison. Sa peur, son silence car si les Walker parlent beaucoup ils savent dissimuler leurs souffrances. Pas à pas on découvre sa chimiothérapie, les choix qu'elle devra faire, sa volonté de contrôler son destin, l'idée de la mort rarement explicité mais planant toujours dans son regard. Cette intrigue a bâti une bonne partie de la saison, l'inscrivant parmi les plus émouvantes de celles qu'il m'ait été donné de voir !
La dernière fois, je ne me suis pas intéressée aux enfants de Sarah, pourtant ils croisent eux-aussi notre chemin....Paige pressent toujours les malheurs, au début de la série elle assiste à la mort de son grand-père, elle découvre ensuite la maladie de Kitty alors qu'on voulait lui cacher. Cette maturité lui permet d'accepter les situations qu'elle ne maîtrise pas, du divorce de ses parents lors de la saison 1 à l'arrivée de Luc. Paige est une enfant très stable qui grandit et chemine vers l'adolescence, en revanche son frère plus jeune et agité aura une réaction différente à l'arrivée de Luc, c'était prévisible, de façon peu originale la série montre d'abord l'excitation du jeune garçon pour ce Frenchie super cool qui débarque, tel un copain de jeux puis son agressivité quand le peintre s'installe à la maison, prend la place de l'homme et comme Sarah, instaure des règles. On approfondit donc le thème des familles recomposées puisque Luc et Cooper construisent leur propre relation. Mais le plus important dans cette histoire reste pour moi le passage d'une relation idéalisée, à une réalité concrète. Le coup de foudre survenu en France s'éloigne pour ne demeurer qu'un lointain souvenir. On remarque au passage les beaux clichés de la France, les femmes enceintes boivent du vin, on aime le fromage, les omelettes, etc. Il faudra se confronter au quotidien, aux détails auxquels on n'avait pas pensé, à divers désaccords pour que le couple tienne le coup, c'est une évolution très intéressante. Quelques épisodes plus tôt, Sarah avait d'ailleurs dû choisir entre l'amour ou la raison, la sécurité ou la passion. Essayer de se convaincre qu'elle aimait ce sage père divorcé fut un échec. (oserais-je un lieu commun mais criant de vérité : l'amour a ses raisons, que la raison...)
Après l'adoption pour Kitty, est venu le tour de Scotty et Kevin (je parle souvent de Kevin en premier étant un Walker alors pour rétablir l'équilibre je place Scotty devant, eh oui c'est qu'on l'aime aussi notre Scotty !) Il s'agira cette-fois d'une mère porteuse, avec tous les problèmes techniques, s'y rapportant, la loi, la conception, la réaction psychologique des personnages... Kevin était le plus motivé des deux, son compagnon ayant encore quelques craintes, la situation s'inverse en fin de saison... Quoi qu'il en soit, le couple demeure le plus solide de la série, les personnages s'aiment et son complémentaires. What else ?
Justin et Rebecca quant à eux sont vraiment semblables, ils dissimulent leurs émotions, préfèrent les gérer seuls. Elle avec sa fausse-couche, lui avec son camarade mort en Afghanistan. Rebecca finit par vouloir aller de l'avant, se projeter dans le futur en achetant une maison, c'est sa réaction, Justin songe à reprendre du service chez les militaires, il veut appartenir à un groupe, sentir cette émulation, se sentir nécessaire à une cause.
Parallèlement nous avons cet appel que ressent aussi Robert : servir une cause qui nous dépasse, qui nous est supérieure. Robert l'ambitieux accepte donc cette mystérieuse mission alors qu'il l'avait refusée dans un premier temps. Lui qui semblait désœuvré... il ne pouvait vivre en père au foyer plus longtemps, on ne reconnaissait d'ailleurs pas vraiment ce nouveau Robert, comme si l'appel du destin était inéluctable. (ce que le dernier épisode confirmera hélas) Cette perte de projet, de motivation habite aussi Kevin. Ah Kevin, je ne pensais pas que ce serait possible mais je l'aime encore plus avec cette saison 4. Cette tête de cocker triste peut lui donner parfois un aspect comique mais le personnage reste un des plus bouleversants de la série. Le double épisode mériterait d'ailleurs une page spéciale. J'ai adoré cette immersion dans les 80's sur fond de Cindy Lauper (Time after time), ce regard de Kevin quand il comprend qu'il est au cœur du chantage, ce déchirement intérieur, cette culpabilité sont inoubliables. Le fait qu' un évènement dont on ignorait l'existence mais qui était présent depuis le commencement puisse remettre toute une vie en cause et vous faire perdre tout repère est une idée percutante. Quant aux souvenirs de chaque Walker refaisant surface façon Cold Case... bouleversant. (pas de fausse note dans la mise en scène qui utilise avec justesse un très bon casting. On croît à ces Walker des années 80, chapeau pour le choix du jeune Tommy...) On n'avait jamais parlé du coming-out de Kevin mais son adolescence difficile a été subtilement évoquée durant toute la saison par ses propres remarques, il avait peu d'amis...En y repensant a posteriori on trouve l'intrigue construite avec une certaine progression mais sur le moment, l'effet de surprise était déchirant.
Mais cette saison, l'on pourrait également décerner la palme d'or à Norah. On la trouve à la fois forte et vulnérable, elle veut protéger ses enfants, elle n'est pas parfaite, a fait des erreurs. Elle est totalement démunie face à des évènements qu'elle ne contrôle pas et qui peuvent détruire ses enfants, Tommy d'abord, ensuite Kitty ensuite Kevin et de nouveau Justin, tiens ça faisait longtemps, cet ami mort tombe à merveille. (mais mince, ils veulent nous faire mourir de tristesse les scénaristes avec cette saison...) Elle se recentre donc totalement sur ses enfants à partir des problèmes d'Ojai Food mais elle a souffert de sa liaison avec ce médecin douteux, il la trompait... Alors qu'elle possède tant d'expérience et de lucidité sur la vie, qu'elle a l'habitude de la trahison, elle s'est laissée allée au piège de l'amour... Elle a eu le courage de se lancer dans une aventure, de laisser tomber les protections qu'elles avaient bâties, c'est avec brio qu'elle se remet de cette épreuve. Norah, je t'admire !
La saison 4, c'est le turning point pour les Walker, c'est la saison qui nous rappelle que tout change. Cette évolution, si on la pense sans cesse, si on en parle et l'imagine, on ne parvient pas toujours à l'enclencher, il faut attendre le bon moment. Et après des mois ou des années d'attente, des éléments extérieurs viennent bousculer notre vie, ils nous poussent dans nos retranchements, nous obligent à vaincre nos peurs, à nous remettre en question et enfin, tout change. Alors c'est irréversible, plus de retour en arrière possible, on se dirige droit vers le futur. Le futur, celui que Norah et Holly contemple à Narrow Lake. (astucieux cet anagramme) Parmi les changements majeurs on a les adieux à Ojai food qui touchent principalement Saul et Sarah.
Parlons du premier que j'avais laissé le personnage dans l'ombre lors de ma première chronique. Il en blague d'ailleurs, selon lui il est le seul homo sorti du placard qui risque d'y retourner ! Il n'est pas au cœur de la famille, il gravite autour mais est toujours fidèle au poste. Sa solitude lui pèse, son amertume se ressent souvent. Les autres Walker sont assez égoïstes face à lui, seule sa relation avec Kevin et Scotty est vraiment désintéressée et épanouissante. On ignore tout de sa vie privée, on la suppose inexistante en raison de son travail et de son investissement pour les Walker... La question du SIDA le place au devant de la scène, est-il séropositif ? Peut-être, peut-être pas... après un doute, je me suis finalement laissée guider par les scénaristes,
et surprendre par le retournement de situation final. Je suis désormais certaine de ne pas être cardiaque, merci aux Walker !
Sarah, jeune a fait peu d'erreurs, a brillamment réussi sa carrière, ses études... Sa confrontation à l'échec est depuis le début de la série un élément fascinant. Je me souviendrai toujours de ce passage chez le psychologue où elle parle de son divorce avec Joe, ici l'échec est la vente d'Ojai. Elle n'en a pas l'habitude, elle en est profondément blessée, c'est si dur de tourner une page de tout recommencer pas à pas, de tout reconstruire et de simplement revenir aux premières étapes d'un projet, l'amour, le travail peu importe...c'est toujours désorientant, c'est le vent du changement qui tantôt nous exalte, tantôt nous effraie. Ce n'est pas mon personnage préféré mais je l'avoue, la voir pleurer m'émeut toujours au plus haut point.
William, on est obligé d'en parler. William, cette ombre qui se meut dans le dos des Walker depuis 4 saisons ! On le déteste encore et encore mais on hésite : aimait-il sa femme ? Avec la découverte des plans d'une maison qu'il destinait à Norah, on en est désormais convaincu, c'est la force de la série. Ce sale type ne sera pas diabolisé, ce serait trop simple. Nous voici encore devant la complexité de la vie, celle à laquelle on est confronté tous les jours. William et Norah...quelle énigme. On ne peut vraiment la comprendre, il faut accepter ce mystère. Il fréquentait d'autres femmes, était malhonnête, a pris des mauvaises décisions mais possédait un charisme indéniable mais surtout il aimait sa famille avec sincérité. (rappelons-nous de ce grand-père et sa petite-fille assis au bord d'une piscine...)La série nous rappelle donc l'étonnante complexité du genre humain.
On parle souvent des personnages mais peu d'Ojai, pourtant tout s'y est passé, c'était le centre de B&S, l'architecture de la série. C'est comme si William vivait encore par l'entreprise. Kevin a rencontré Scotty quand il y travaillait. Saul, l'électron libre qu'on oublie trop souvent (au milieu de toute cette agitation Walkerienne, on le perd de vue ce que est fort dommage.) Les problèmes d'Ojai auraient pu selon moi être mis de côté durant certains épisodes à son profit, son coming-out avait été par exemple bien géré. Je me souviens d'une réflexion qu'il avait faite à Kevin , disant qu'à son époque être homosexuel était moins facile, l'accident d'Aaron montre que ce n'est pas le cas.
Ce qui est merveilleux avec Narrow Lake c'est que l'entreprise, la partie magouille de William disparaît mais la renaissance se fait pas l'anagramme de Norah, par la part d'amour qu'il lui portait. Cette image de l'eau jaillissant du sol est remarquable, une véritable renaissance, on nous y fait croire en plus et Saul paraît sincère mais l'épisode suivant bouleverse toutes nos théories. B&S la série qui remet toujours tout en question, toutes nos théories sur la vie.
Nous pourrions également consacrer un article entier à l'épisode d'adieux à Ojai. (pour cela je vous invite à consulter certains blogs où vous trouverez, des reviews très soignées des épisodes, trois points de vue différents d'amoureux de B&S : Critik en séries, Des news en séries et Judging series) Les dernières minutes sont mémorables, le silence est tellement rare dans la série qu'il en devient encore plus précieux. Le magnifique air irlandais chanté par Scotty parachève cet instant unique. La tension palpable est celle des moments qu'on ne peut commenter...
C'était presque un final season, mais pas seulement. Ce sera tout pour aujourd'hui. Lights out.
A bientôt pour nos dernières aventures avec B&S.
P-S Pourquoi Every teardrop is a waterfall ? Quand j'ai commencé cet article, il y a plusieurs semaines, Coldplay a sorti le premier single de son nouvel album et j'ai trouvé que le titre correspondait bien à la série...
mercredi 8 juin 2011
Juno, petite balade adolescente
Juno, c'est beau. Juno c'est une BO. D'ailleurs le film se raconte à travers elle, d'ailleurs, qui n'a pas souri en entendant "Anyone else but you" ?
Je pourrais vous parler de cette adolescente pas comme les autres, de son regard sur la vie, des dialogues drôles ou tristes, je pourrais vous dire à quel point son histoire d'amour est
touchante, à quel point la réalisation est réussie mais je ne m'étendrai pas... Les garçons portent tous le même short, ils courent tandis qu'elle passe au milieu d'eux, ce
genre de plan revient régulièrement, c'est bien pensé. Cette fille au drôle de prénom est différente comme le dit la mère de Paulie Bleeker. Ce film assez léger ne tombe jamais dans les clichés,
intelligent, teinté d'humour il nous ballade de chanson en chanson. (au sens propre quand on voit les premières minutes) C'est du teen comme on l'aime avec
des acteurs toujours justes. (les sériephiles auront une pensée pour Alias ou The Closer) L'accent n'est pas mis sur la grossesse, on la voit simplement évoluer au rythme des saisons, on note peu de
prises de tête avec Juno qui s'avère être aussi rafraichissant que sympathique. L'adolescente erre encore entre l'enfance avec son drôle de téléphone
hamburger et l'âge adulte mais son indépendance, son sens de la répartie font d'elle un être remarquable, plus mature que la plupart des adultes. Une question revient souvent, mais comment se
définit-elle ? Elle ne peut pas répondre, elle ne peut rentrer dans une case créée par la société, elle c'est Juno, c'est tout ce qu'on peut dire ! Sa relation avec son père est elle aussi
loin des stéréotypes, sa petite discussion avec lui à propos de l'amour est assez amusante. Tout ce qui pourrait être sérieux est dédramatisé dans Juno, c'est la vie et on la prend comme elle
vient avec humour ou amour. L'idée du "le garçon que tu choisiras devras t'aimer pour ce que tu es, même quand tu seras moche, etc" est assez classique mais donne une jolie couleur à l'histoire,
la fin s'annonce tranquillement... Le dénouement est tellement charmant qu'il est difficile de lui trouver des défauts, tellement charmant que j'ai mis 5 étoiles au film sur Allocine (ce qui n'a en soi aucune importance) et que j'ai
déjà téléchargé sa BO. Beaucoup de Kimya Dawson, du Belle & Sebastian et le meilleur pour la fin : "Anyone else but you" interprété par Michael Cera et Ellen Page.
A voir absolument.
mardi 31 mai 2011
Blue Valentine, un écho de Eternal Sunshine of the Spotless Mind
J'ai hésité avant de faire cette petite critique mais ayant adoré le film, j'ai décidé de partager avec vous quelques idées et de le croiser avec Eternal Sunshine of the Spotless Mind...
La dernière scène est bouleversante, Dean s'éloigne et un feu d'artifice s'esquisse au loin. La mélancolie est au cœur de l'histoire mais apparaît aussi dans l'ambiance, le flux et reflux des souvenirs tantôt doux, tantôt tristes.
Le réalisateur, Dereck Cianfrance accorde beaucoup d'importance à la mémoire, il fait défiler devant nos yeux une romance qui naît, puis se défait. On ne vit jamais l'histoire, on en est complice, comme si dans la vie il y avait toujours une caméra au coin de la pièce pour nous épier, la caméra de la mémoire, celle qui transmet, déforme les images du passé. On est dans cette partie de l'esprit des personnages, on assiste à leur vie, on en suit les premiers regards, les premiers baisers, les premiers malaises sans rien pouvoir penser d'autre que "c'est la vie". Oui cette souffrance qui joue en sourdine mais sans jamais nous quitter, c'est la vie et comme son nom l'indique, Blue Valentine est l'histoire d'un amour brisé mais d'un amour vrai.
La raison a toujours été impuissante face ce sentiment : éviter le blues, ce ne serait pas vivre, il faudrait donc accepter les évènements, bons ou mauvais, puisque le plus intéressant est semble-t-il de se façonner des souvenirs, comme le montre Eternal Sunshine of the spotless mind où Joel est totalement désemparé en les sentant s'éloigner, s'effacer. L'image de la plage était d'ailleurs très forte, l'eau qui s'avance, emporte avec elle quelques grains de sables et qui à chaque nouvelle vague rend les contours de la vie plus flous.
Dans Blue Valentine, Dean rappelle à Cindy dans leur cuisine, l'antre du quotidien qui les ronge "pour le meilleur et pour le pire", il ne comprend pas que ça ne marche plus, que l'amour ne soit pas suffisant. L'incompréhension est la pire des tortures d'où un fatalisme latent. La vie qui devient pesante, la routine qui s'installe... tout est sous-jacent mais on n'en parle jamais vraiment, comme si les explications n'avaient finalement aucun sens ou intérêt, que face aux souvenirs elles perdaient leur cohérence. Se raccrocher à des éléments rationnels est donc aussi vain qu'au début de leur relation. Ils ne se ressemblaient pas, comme ses parents ne manquaient pas de le rappeler au cours du repas. Et ce n'est pas la présence de leur fille qui sauvera leur couple. "Tu penses à elle ?" demande-t-il. Elle y pense mais il semble que personne ne puisse influer sur le cours des évènements, la vie défile tel un souvenir sur lequel on n'a aucun contrôle. La grossesse elle-même n'était pas désirée, on devine que Cindy n'a jamais été heureuse (ses relations avec les hommes semblent peu saines), que sa rencontre avec Dean ne pouvait éclipser que temporairement ses questions existentielles mais peu importe puisque le générique de fin donne la dernière note aux souvenirs, quelques flashs au milieu des feux d'artifice, quelques souvenirs éphémères qui se révèlent puis se retirent.
jeudi 26 mai 2011
The Tree of life, ode à la vie
Cette fois, pas d'analyse ni vraiment de critique, juste un retour en douceur sur le blog, un retour en douceur sur... un film ? Peut-on dire que c'est un film ? Oui, peut-on qualifier The Tree of life de film ? Peut-on seulement le qualifier ?
Les avis divergent à propos de cet ovni cinématographique, le seul élément dont on peut être sûr c'est qu'il ne laisse pas indifférent, on aime ou on déteste mais difficile de ne pas être marqué par lui.
Ce film est démesuré par son ambition, sa longueur, c'est du Terrence Malick ! Il est donc très difficile d'en parler de le commenter, d'autant plus que le scénario est décousu et ce n'est pas un hasard, ce point ne peut donc pas être retenu contre le film. Il s'agit de la vie que le réalisateur a tenté de capter, la vie dans son ensemble, celle qui nous dépasse, celle qu'on ne comprend pas. Inutile donc de vouloir comprendre le film parce que la vie elle-même est une énigme. On rejoint la dimension spirtuelle ou théologique de l’œuvre, toutes ces questions sans réponse à Dieu.
"Where were you ?" est récurrent, prononcé par plusieurs personnages. "Where were you ?" La religion ne peut exister sans cette question précise et Terrence Malick l'a compris.
En fait pour parler de ce film on peut se pencher sur tout ce qu'on ne comprend pas dans la vie, dans ce Tree of life.
La relation entre Jack et on père se veut terriblement problématique, ils s'aiment mais se déchirent, finalement ils se ressemblent. Le personnage de Brad Pitt est parfois violent ou détestable mais d'une complexité étonnante. Bref, il ne peut que vous rendre perplexe.
Il correspond à la nature, tandis que sa femme est la grâce. La dichotomie est fixée dès le début du film.
"There are two ways through life: the way of nature, and the way of Grace. You have to choose which one you'll follow."
Mr O'Brien regrettera son choix en perdant son travail, ses illusions. Tous ses choix avaient été motivés par cette certitude : ils étaient nécessaires. Il faut se battre pour obtenir ce que l'on veut, ne jamais renoncer... Quand il réalise que ça ne suffit pas toujours, son univers entier s'effondre. Puisque sa théorie n'est plus valable il ne peut plus vivre de la même façon. Si le film repose sur l'énigme de la vie, une réponse nous est tout de même donnée en écho à ses réflexions : le seul moyen de vivre est d'aimer. C'est la morale du film. Nous en tant qu'être minuscules ne pouvons rien maîtriser, comme le montre les images grandioses de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Comment comprendre un univers qui nous dépassé mais dont nous faisons pourtant partie ?
Certains peuvent penser que le film, où il est difficile de suivre le scénario et où les paysages prennent une grande part n'est qu'une succession de tableaux magnifiques, que ce n'est pas du cinéma. Mais ces tableaux sont portés par un mouvement perpétuel, celui de la vie, rien n'est jamais fixe dans The Tree of life, le spectateur est emporté dans les flots de la vie avec le vent, la mer, la rivière, la caméra qui glisse rapidement, s'agite, les personnages qui marchent souvent, courent, les volcans qui entrent en éruption, les cellules microscopiques... Tout n'est que mouvement dans The Tree of life, or le cinéma c'est du mouvement, par étymologie (en grec kínêma = mouvement). La Moldau de Bedrich Smetana est donc particulièrement bien choisi parmi la BO du film, le compositeur ayant voulu donner l'impression que l'on suivait le cours d'une rivière. (et on note que la BO originale est composée par Alexandre Desplat, non ce n'est pas négligeable ! )
Si le film peut paraître lent, si l'on se demande à plusieurs reprises si la fin est proche, ce n'est qu'à cause de notre regard qui, habitudé à la vitesse perd ses capacités de contemplation. Avec The Tree of life, il ne faut aucune attente particulière, il ne faut pas essayer de tout comprendre mais juste se laisser immerger dans le courant du film, juste se laisser porter par la rivière et accepter les images sublimes qui se révèlent à nos yeux.

Le thème de l'arbre revient souvent, on ne l'oublie jamais. On peut penser par moments que l'on s'égare, mais pourtant on y revient toujours, je pense que tout est bien mieux maîtrisé qu'on ne peut l'imaginer. En fait The Tree of life est une sorte d'odyssée de la vie, une oeuvre monumentale, parfois incompréhensible, est-ce de la folie, du génie (je pense à l'apparition d'un dinosaure, je pense à la fin sur la plage, où l'on insiste davantage encore sur l'aspect spirituel, à la fin qui s'éternise), de l'excès ? Oui, c'est tout à la fois, c'est enivrant, c'est puissant, mystérieux, ça laisse perplexe, c'est étrange, inédit, percutant, virevoltant comme la vie et la mort mais surtout très poétique. Ce film est au cinéma ce que la poésie est à la littérature, The Tree of life est une ode à la vie mais le plus étrange est encore son réalisme. Cela peut venir des plans, de la mise en scène, des acteurs, du scénario qui nous immerge dans les souvenirs d'une famille, les souvenirs sont aléatoires et puissants, Proust en avait une conscience aigüe. Avec cette famille, on sourit, on pleure, on est mal à l'aise mais le film est tellement atypique, il nous surprend tellement qu'on ne sent pas son caractère fictionnel, juste un réalisme exacerbé doté d'une sensibilté étonnante devant la nature et la vie. Rien ne le résumera jamais mieux que le titre :
The Tree of life
Et si vous n'avez pas été sensible à la vue de ce petit peton, alors vous avez un cœur de pierre !
dimanche 1 mai 2011
Brothers and sisters : bienvenue chez les Walker ! Présentation de la série
N.B. Cette chronique est basée sur les trois premières saisons de la série.

On peut les retrouver d'une génération à l'autre ce qui donne un relief notable à la série. (On se souvient de l'apparition de la mère de Norah et Saul, courte mais très drôle)
(On peut comprendre Holly et la trouver par instants antipathique.un peu, à chaque fois que l'on trouve ses plans machiavéliques, un léger doute plane pouvant nous laisser nous radoucir envers elle.)
NORAH
KITTY
KEVIN
SARAH
TOMMY
JUSTIN
REBECCA
JULIA
SAUL
Sa relation amoureuse, très discrète s'est quelque peu perdue dans le tumulte de la famille Walker. (saison 3) Ce personnage, relativement neutre est intéressant surtout juste avant son coming-out.
HOLLY
LE PERE de REBECCA
Je les aime les Walker, je les aime et je pense que chaque téléspectateur peut nouer des liens étroits avec ces personnages.
Pour conclure, une chanson que j'ai découverte dans la S1 de la série...
(Ici avec un montage vidéo sur la S1)
* La série n'aura eu finalement que 5 saisons...
Brothers & Sisters est mon dernier coup de cœur en matière de séries américaines. Elle compte déjà 5 saisons et oui, cela peut encore arriver : je l'ai découverte à la télévision ! C'était il y a quelques mois sur TF1, grâce @Shoone_JS et @delromainzika que je remercie au passage. La chaîne a proposé une diffusion rapide, très rapide, de plus en plus... je ne l'ai évidemment pas suivie ! (inutile de rappeler les aberrations des diffusions françaises des séries télévisées...) Non, j'ai pris mon temps et attendu d'en avoir vu assez pour vous en présenter une petite critique.
La série s'inscrit dans une mouvance où les génériques d'ouverture sont extrêmement courts (cf mon top des meilleurs génériques...), mais B&S possède un magnifique "ending theme"pour sa mélodie...
Les thèmes de la série sont d'une grande diversité : politique, guerre en Irak, 11 septembre, homosexualité, travail, concurrence, la famille bien sûr, relations fraternelles, relation aux parents, mariage, adultère...
On peut les retrouver d'une génération à l'autre ce qui donne un relief notable à la série. (On se souvient de l'apparition de la mère de Norah et Saul, courte mais très drôle)
Les personnages auxquels je suis me suis attachée le plus rapidement (leurs intrigues sont les premières à être développées) :
-Kitty : au début de la série on célèbre son retour à la maison, la journaliste politique, républicaine quitte donc New York pour la côté Ouest
-Justin : On le découvre miné par ses souvenirs de guerre, son engagement avait bouleversé la famille...
-Kevin : sa vie sentimentale est quelque peu dissolue, l'avocat vit pour son travail et accepte peu à peu son homosexualité.et
-Norah : aaahh Norah !
-Kitty : au début de la série on célèbre son retour à la maison, la journaliste politique, républicaine quitte donc New York pour la côté Ouest
-Justin : On le découvre miné par ses souvenirs de guerre, son engagement avait bouleversé la famille...
-Kevin : sa vie sentimentale est quelque peu dissolue, l'avocat vit pour son travail et accepte peu à peu son homosexualité.et
-Norah : aaahh Norah !
Brothers & Sisters, c'est la série par excellence, elle ne se rapproche en rien du cinéma. A l'origine on aime ce genre pour voir des personnages évoluer et c'est précisément ce que ses scénaristes nous proposent. C'est feuilletonnant, on a des disputes, des secrets et pourtant une fraîcheur, une intelligence qui la séparent des soap operas classiques.
La plus grande réussite de la série réside en une alchimie parfaite : celle du drame intime et du drame familial. Traiter du groupe tout en se penchant sur l'être individuel n'est pas si fréquent et Brothers and sisters l'a réussi brillamment.
En fait c'est une des séries les plus humaines et touchantes que j'ai vue, on peut y étudier les relations entre les personnages autant que leur évolution personnelle, les deux sont bien sûr liés, ce qui va d'ailleurs nous orienter vers des questions : leurs vies sont-elles dépendantes les unes des autres ? comment parviennent-ils à trouver leur propre chemin tout en restant unis ?
Chacun aura sa réponse personnelle, chacun sera confronté à des doutes, chacun traversera plusieurs phases. Parfois ils s'éloigneront mais en pleine crise comme pour Justin, la maison maternelle retrouvera son rôle de refuge, de cocon familial.
Bref, B&S est la série la plus humaine que je connaisse, on n'a pas de gentil ou de méchant, seulement des personnages qui font des erreurs et malgré les affinités qu'on a avec les uns ou les autres on ne peut s'empêcher de les comprendre tour à tour. C'est le cas au départ de Tommy, c'est étrangement à cet instant que le personnage m'a le plus touchée, peut-être parce que ces êtres brisés, perdus sont toujours intéressants mais je n'ai pu que comprendre la réaction de Julia, sa femme. C'est là que réside la force et la complexité de la série. Il en va de même pour la relation entre Kitty et Robert, la séparation est traitée de façon très subtile...
Les situtations dans lesquelles sont les Walker laissent donc infinement perplexe, comme dans la vie on ne peut se prononcer sur ce qui aurait du être, on ne peut que constater, se réjouir, s'émouvoir ou s'attrister.
L'arrivée de nouveaux personnages pourrait facilement susciter un rejet de notre part au profit du clan Walker et les deux cas de figure nous sont exposés avec Rebecca et Ryan. Dans un premier temps celui-ci n'est pas tant perçu comme un intrus, on peut le trouver assez sympathique. Doués les scénaristes puisque qu'on réalise rapidement notre erreur !
(On peut comprendre Holly et la trouver par instants antipathique.un peu, à chaque fois que l'on trouve ses plans machiavéliques, un léger doute plane pouvant nous laisser nous radoucir envers elle.)
C'est la seule série que je connaisse capable d'autant fait rire et pleurer en même temps. On peut entrevoir quelque chose d'intéressant dans chaque membre de la famille mais j'ai probablement moins d'affinités avec Tommy ou Sarah. Je me suis vite attachée à Norah, j'adore sa relation avec Kevin ou avec Saul.
Je vais parler des personnages de façon très aléatoire, j'approfondirai peut-être un jour mais cet article est prévu depuis longtemps et je compte bien le poster aujourd'hui ! (aujourd'hui c'est la fête du travail, il ne faut pas trop m'en demander ! ! )
NORAH
C'est elle le coeur de la famille, elle n'est pas parfaite (parce que justement elle veut que tout le soit) elle est un peu étouffante mais malgré tous ses défauts on l'apprécie quand même. Elle a une relation particulière avec chacun de ses enfants, une histoire différente, des souvenirs parfois douloureux mais malgré tout c'est une famille qui s'entre-aide et qui ne peut se séparer.
Bref c'est une mère avec tous ces petits défauts qui nous énervent mais qu'on affectionne tout particulièrement.
Sa volonté de toujours faire apparaître la famille sous son meilleur jour est un élément récurrent, et finalement c'est lorsqu'ils sont vrais, et fragiles que les Walker sont le plus appréciés, c'est d'ailleurs ce que déclare Ryan, quand il découvre que cette famille est loin d'être parfaite, il se sent soulagé et prêt à les accepter.
Qui n'a pas rêvé comme Norah de tout quitter, d'avoir une autre vie, de partir à des milliers de km, des projets qui n'ont jamais eu vocation à être réalisés ? On aime s'imaginer ailleurs, on en parle comme si c'était sérieux mais le plus souvent, on ne prévoit pas réellement ce changement, ce n'est qu'une évasion.
KITTY
J'aime bien Kitty, elle n'oublie pas sa famille même si son accomplissement professionnel lui tient très à coeur. C'est un personnage fort, je ne suis pas toujours d'accord avec elle mais j'aime sa franchise, sa droiture et sa loyauté de plus elle ne juge pas les gens, donc oui Kitty fait partie de mes personnages préférés.
Warren... j'ai toujours été persuadée qu'il lui fallait quelqu'un comme lui (et surtout pas Jonathan aperçu au début de la série), sa relation avec Robert est pourtant très intéressante mais probablement trop passionnelle ou conflictuelle pour durer. Cet homme qu'elle retrouve au parc (Alec) lui correspond mieux, d'ailleurs il est difficile d'en vouloir à Kitty car il semble qu'ils sont faits pour être ensemble même si leur relation est d'avance condamnée, trop précoce.
Quelque chose est brisé entre elle et Robert, difficile de blâmer l'un ou l'autre (comme Kevin on se rapproche de plus en plus du politicien...), mais encore une fois on les comprend. B&S est maître en la matière, raconter les histoires de couple, c'est un art et les scénaristes le maîtrisent.
Kitty évolue beaucoup, elle s'assagit, devient plus sereine, transforme une relation conflictuelle avec sa mère en une belle complicité, elle n'a donc plus rien à voir avec la jeune journaliste ambitieuse qui admirait son père et se moquait de Norah.
KEVIN
Kevin c'est le cynique, mais aussi le plus sensible. Sa relation avec son père était particulière, il se sentait toujours à l'écart des autres. Petite déclaration subjective sans argument : j'adore ce personnage !
Il est toujours celui qu'on appelle quand on a besoin d'aide, il est très protecteur envers sa famille. S'il est souvent réticent en voyant se préparer des réunions de famille, qu'il passe du temps à se plaindre et ronchonner c'est parce qu'il connaît bien ses proches et tente de les protéger.
SARAH
Sarah : on la sent toujours entravée entre ses devoirs, ses envies. Elle se plaint beaucoup mais craint finalement le changement. C'est à la fin de la saison 3 qu'elle semble prête à affronter la nouveauté. Son divorce avec Joe a été lui-aussi assez bien mené.
TOMMY
Tommy, j'ai toujours senti que quelque chose clochait chez lui, lors de la S1 je l'aimais peu mais j'ai compris pourquoi ensuite. Et c'est dans l'épisode 21 de la saison 3 que je me suis mise à vraiment l'aimer alors qu'on ne le voit pas. Tommy n'a jamais trouvé sa place ni su qui il était. Ces doutes ont toujours été là. Sa relation avec son père, très problématique ne trouvera jamais de réponse. Tommy est un perosnnage brisé, celui qui faisait le plus mine d'être normal chez les garçons Walker. Pourquoi a -t-il été relativement dur avec Justin ? Probablement parce que lui aussi était malheureux mais qu'il ne le montrait pas et que personne n'avait jamais pu le soupçonner. Comme le dit Temperance Brennan dans Bones (oui oui on fait dans l'intersérialité) "Certaines personnes sont plus enclines à souffrir en secret."
Tommy est différent des autres Walker, il parle peu, n'est ps non plus très drôle, bien plus introverti jamais il ne se confiera ou avouera aller mal, jamais ses paroles ou ses actes ne seront le reflet de son coeur ou de son esprit tourmenté.Et pourtant il a su garder la face longtemps, affronter des évènements difficiles, sans aide contrairement à Justin. Tommy a une famille nombreuse mais il est le personnage le plus seul de la série, le plus impénétrable. je n'ai totalement compris cela qu'avec la saison 3. L'évolution du personnage est subtile et fascinante. Tommy, c'est l'intrus chez les Walker, Tommy il peut paraître le moins sympathique de la série parce qu'il joue un rôle. Se marier, avoir des enfants, fonder une entreprise, il est rentré dans le costume
qu'on avait taillé pour lui, pour lui tout était question de survie, ce qui explique sa réaction face à Holly.
(Il va de soi que la "fuite" de Tommy tombe un peu comme un cheveu sur la soupe puisqu'il semblait vouloir s'améliorer et qu'elle ne découle que d'éléments indirectement liés à la série, c'est-à-dire les déboires de Balthazar Getty avec les producteurs. Les contingences extérieures influencent inévitablement l'art, phénomène bien plus présent encore dans l'univers télévisuel )
JUSTIN
Ah, Justin ! Un personnage tout d'abord brisé puis en reconstruction, donc forcément intéressant. Quand il a retrouvé un certain équilibre, on a pu le voir évoluer dans une relation amoureuse. Son addiction à la drogue, son premier retour de la guerre, son second départ...des intrigues riches et passionnantes.
REBECCA
Rebecca devient adulte, elle trouve sa place dans la société, elle trouve son identité et gagne en stabilité, son passé mouvementé qui a été évoqué à quelques reprises demeure une ombre. Le personnage est relativement imprévisible...
JULIA
Elle est discrète mais c'est un des personnages qui a le plus souffert. Je n'ai pas d'affinité particulière avec elle. Le personnage n'a été vu que par rapport à son couple avec Tommy, celui-ci parti elle disparaît.
SAUL
Sa relation amoureuse, très discrète s'est quelque peu perdue dans le tumulte de la famille Walker. (saison 3) Ce personnage, relativement neutre est intéressant surtout juste avant son coming-out.
HOLLY
On peut penser qu'elle protège sa famille c'est-à-dire sa fille comme une louve, on peut la comprendre. Elle a vécu seule, elle doit s'imposer face aux Walker quitte à utiliser des méthodes peu orthodoxes mais à la fin de la S3 le personnage, individualiste et manipulateur affirme son statut de mouton noir, on est du côté des Walker ou on ne l'est pas. Rebecca, sa fille est différente, plus honnête mais Holly est un personnage antipathique. Cette figure mouvante est nécessaire, elle l'habite donc quelques temps par son activité professionnelle.
LE PERE de REBECCA
Il paraît forcément sympathique face à Holly, mais le personnage est assez faible finalement, il suit le mouvement sans vraiment prendre de décision. (-->B&S est bien une série féministe !)
Le couple le plus solide et équilibré est clairement Kevin/Scotty. Ce sont eux qu'on imagine aisément devenir de bons parents. Est-ce que cette stabilité peut leur nuir ? N'en ont-ils pas assez d'être le couple marié et rangé ? L'épisode 21, très "caliente" creuse la question avec le retour de Chad, l'ex de Kevin ! Finalement, nos jeunes mariés sont très bien comme ils sont...
On ignore encore si Brothers & Sisters sera renouvelée pour une sixième saison. *Je n'ai vu moi-même que les trois premières, j'ai seulement entend dire que la cinquième était la moins réussie et qu'elle se terminerait sur un cliffhanger (hélas...) mais une chose est certaine : cette série me manquera terriblement quand elle s'arrêtera, peut-être est-ce une des raisons pour laquelle je préfère d'ailleurs la regarder lentement !
Je les aime les Walker, je les aime et je pense que chaque téléspectateur peut nouer des liens étroits avec ces personnages.
Pour conclure, une chanson que j'ai découverte dans la S1 de la série...
(Ici avec un montage vidéo sur la S1)
* La série n'aura eu finalement que 5 saisons...
dimanche 10 avril 2011
Petite chronique en série : Bones
Parlons un peu de Bones aujourd'hui, de ce que j'aime dans cette série ou ce que trouve moins réussi.
Les premiers épisodes m'avaient donné l'impression d'une série policière sympathique mais ce n'était clairement pas un coup de foudre, le genre de série dont je pouvais manquer plusieurs épisodes. Mais j'ai suivi les diffusions de M6 et j'ai trouvé qu'elle s'approfondissait, lentement mais sûrement elle a gagné ses galons.
L'aspect anthropologique me plaisait beaucoup même si je trouve que la série s'éloigne désormais trop des os au profit des corps en décomposition. Pourquoi est-ce gênant ? Les dernières saisons misent sur ce point, cela devient même un motif de dérision, les personnages affichent une attitude plutôt détachée par rapport aux substances corporelles, ainsi le sérieux de la série, voire son réalisme en sont atteints. Elle a en effet connu un tournant avec l'arrivée de différents assistants dans l'équipe (Nigel Murray et cie) j'avais trouvé ce nouvel élan positif mais désormais la joyeuse bande me gêne un peu. La série est devenue un classique du cop-show et peut jouer avec le spectateur, on connaît les manies de chaque scientifique, les rituels du couple Booth/Brennan et chaque épisode semble célébrer ce joyeux petit univers, ce qui m'amène à penser qu'elle doit bientôt s'arrêter. J'aimerais encore une saison, sept me semblerait convenable mais plus serait excessif. Bien sûr, je serai triste à l'idée de quitter nos chères fouines je pense que le moment approche.
Mais revenons sur ce qui me plaît dans Bones. Eh bien la réponse va être simple puiqu'il s'agit justement de Temperance Brennan alias Bones ! Ce personnage associal, direct, sincère, honnête, cartésien, mais sensible me plaît beaucoup. Son intérêt ne réside donc pas seulement dans la relation qu'elle entretient avec son partenaire mais dans sa relation au monde. Bones le découvre peu à peu, elle doit faire des compromis sans sacrifier ses principes, ses valeurs personnelles. Cette évolution désormais stabilisée a été très bien menée.
Mais venons-en à l'atout majeur de la série : la relation entre Seeley et Temperance. Leur complicité, est au cœur de la série, les voir ensemble en signerait probablement la fin mais combien de temps cela peut-il encore durer?
Le centième épisode de Bones est entièrement consacré à cette question. La mise en scène est parfaite, on aurait presque l'impression que les flash back ont été tournés avant le pilote de la série... Il est perturbant de découvrir que les théories de Sweets s'effondrent, Hart Hanson nous montre qu'il mène le jeu, il dirige totalement le spectateur, il peut aisément briser nos illusions pour mieux les rebâtir ! J'avais un peu peur à l'idée qu'on nous enlève ce qu'on croyait acquis : la rencontre de Booth et Brennan mais la dernière scène est autant émouvante que réussie. (ce qui sera confirmé les épisodes suivants) Il faudra donc arrêter la série avant qu'elle ne perde en intensité, que ses dynamiques ne s’essoufflent. Bref, au moment idéal...
Dans la dernière saison, la relation Booth/Brennan s'inverse, il était amoureux d'elle, Temperance s'en est aperçue tardivement, elle l'a ignoré puis repoussé. Cette relation l'effrayait car elle ne se sentait pas prête à s'engager. Après le saut dans le temps d'un an il revient avec une jeune journaliste, Brennan sympathise avec elle, et semble heureuse pour son partenaire. Notre anthropologue est plus calme qu'avant, plus sereine puisque son passé n'est plus une ombre mais elle paraît également assez seule, elle n' avait pas encore conscience, la saison précédente de son propre changement mais elle comprend la notion de famille, elle serait en mesure d'avoir une relation stable. Ainsi c'est à elle d'être en position d'observation (ou d'attente ?) et non plus à Booth qui a décidé de prendre son destin en main.
-Edit : Je n'ai pas encore vu l'intégralité de la saison mais l'épisode le plus marquant restera sans doute le neuvième. Le point pivot pour Brennan. "Mon univers entier vient de basculer mais j'arriverai à m'adapter." Un épisode bouleversant.
Brennan est triste, le vigile lui dit que c'est tellement mieux que d'être morte. Brennan a tant souffert qu'elle se protégeait avec une froide carapace, ainsi elle ne ressentait plus rien, une anesthésie de l'esprit ou des émotions. Cet épisode se consacre à son douloureux changement. On découvre pour la première fois Temperance en toute sincérité. Cet épisode correspond parfaitement à l'évolution du personnage à travers les saisons. Il me rappelle pourquoi j'aime la série et me permet donc de nuancer le reste de la chronique.
Le vigile est fascinant, on peut même se demander s'il est réel ou bien issu de l'esprit de Bones, on se souvient de Booth ayant vu en apparition un jeune soldat mort au combat... Bref ce vigile
(interprété par Enroco Colantoni, alias le papa de Veronica Mars!!) apparaît comme un guide.
Mais faisons rapidement le tour des autres personnages...
Camille, je ne l'ai jamais beaucoup aimée. Son sourire a tendance à m'irriter mais ce n'est qu'un point de vue personnel, son prédécesseur avait quitté l'institut pour retourner à ses premiers amours : l'archéologie qu'on ne perd jamais totalement de vue. Oui, Bones est partie pendant un an pour se consacrer à la recherche, c'était un point positif ! De même Booth avait décidé de retourner dans l'armée, une idée que j'avais trouvé excellente. Dans la cinquième saison on revisitait les débuts de la série, débuts qui voyaient un statu quo bouleversé, des personnes qui n'étaient pas censées travailler ensemble apprennent à colaborer. Des scientifiques, le FBI, une artiste. On dirait en sciences que les personnages sont revenus pendant un an à leur état initial ! Mais il est évident qu'ils ne sont plus les mêmes, que les évènements qu'ils ont vécu les ont changé et ils vont le réaliser en rentrant à Jefferson. Mais fermons cette petite parenthèse pour revenir aux autres personnages ! Zack a quitté la série de façon marquante, devenu l'assistant d'un tueur en série cannibale il a été arrêté et dirigé dans un asile psychiatrique, il est étrange qu'on n'en reparle jamais, cette intrigue avait structuré de nombreux épisodes, une fois utilisée elle a été jetée et notre petit Zack oublié ! J'espère qu'on le retrouvera ne serait-ce qu'une fois...Son équivalent actuel est Nigel Murray mais cette encyclopédie vivante est plus ouverte sur le monde ! Clark Edison est arrogant, insupportable.
Angela est l'âme de l'équipe, c'est la seule non-scientifique, elle permet de ne jamais oublier l'aspect humain des affaires criminelles. Cette artiste, a elle aussi trouvé sa place dans l'équipe. Sa relation avec Hodgins, le "roi du labo" est très touchante, j'aime beaucoup ces deux-là !
Je n'ai pas parlé de tous les personnages mais je vais quand même finir sur Dr Sweets alias "Lancelot". J'ai été ravie de son arrivée dans l'équipe, un psychologue était nécessaire. Le personnage est drôle c'est vrai mais aussi assez intrigant. Il passe beaucoup de temps à essayer de comprendre les autres mais il parle finalement peu de lui. Quand Booth a tenté de retourner les rôles patient/docteur, ce fut un échec mais on sait que Sweets a passé son enfance dans des familles d'accueil. C'est un de mes personnages secondaires préférés, mais j'aurais aimé le voir plus longtemps seul, sans Daisy. Leur duo apporte de la fraîcheur à la série, c'est un élément comique, c'est certain mais on aurait pu s'en passer au moins une saison. Sweets mérite mieux que ce
rôle, le personnage pourrait être davantage approfondi au cours d'intrigues feuilletonnantes ou non. C'est d'ailleurs ce qu'il manque à cette sixième saison, on n'a pas vraiment d'arc narratif à part la relation de Booth et la journaliste. Cela pourrait être l'occasion de s'intéresser à Sweets, ce qui n'est pour l'instant pas le cas, sauf lorsqu'il s'agit d'un prétexte pour apporter une note d'humour, une déception pour moi. Devant le succès, la série risque de tomber dans une caricature d'elle-même mais je fais confiance au créateur pour nous apporter un final digne de ce nom, en attendant les fouines vont devoir encore bosser un peu...
"Mon univers entier vient de basculer mais j'arriverai à m'adapter."
Inscription à :
Articles (Atom)
